Les poèmes du confinement

Jour 18

Touche-moi sans me toucher

De retour au perchoir
Je suis le fantôme
Qui se balade
Qui se balade
Héhé
Et l’on déplace
Des idées des plans des avoirs

Les voisins sont parfois là
Et parfois plus de voisins
Je pense souvent à toi titi
Je pense souvent à toi
Je t’ai mis en fond d’écran
Pour ne pas tarir de penser

J’observe dehors
Sans me faire voir
On tend à disparaître
Sans barouf
Sans se venger
J’ai repris ma trichotillomanie
Par ennui par méchanceté par désir
Je fais du sport dans le grenier

De la présence ignorée
Sur un terrain mal isolé
J’ai dû envoyer mes clés pour sauver mes plantes prisonnières de la ville
Et garder ça au loin me touche

Ma jumelle s’est mise au tricot
Les bavardages disparaissent avec le jour
Et j’entends un courant d’eau dans les bois seulement la nuit tombée
La rue est sage et privée
Rien ne franchira les murailles
De la porte d’entrée
Du beau soleil qui attend
Et s’impatiente
Patiente
Et reprend les fatigues

Ma campagne respire un long silence
Et ne finit pas d’expirer

Maxime Paillassou, 2 avril 2020