Les poèmes du confinement

Jour 5

demain j’irai sur le parking du centre commercial
j’irai à pieds quelques kilomètres pour voir
les cellules des vastes bâtiments de tôles
rideaux tirés tous feux éteints la rumeur

du périphérique sera une réminiscence
le silence me bourdonnera dans la tête
et les cris des étourneaux d’un toit à l’autre

je m’assoirai au milieu du parking qui sera
rendu à son étendue lisse de bitume
aux vagues rangs de bandes blanches sans relief

le contact du sol sera un peu froid aux mains
je regarderai au loin même au-delà
je verrai peut-être un piéton qui s’en vient
avant la voiture de patrouille des gendarmes

Samuel Deshayes, 21 mars 2020