Première amphionie parisienne

Troisième station : «Café Étienne», station Étienne Marcel

Métro Étienne Marcel
Ouvre sa grande bouche
De l’autre côté de la vitre
Du café aquarium
Que les bruits de circulation du boulevard
Remplissent à peine assourdis
Se joignant au fond musical insipide

Les passants écouteurs aux oreilles
Mêlent des mouvements de danse
Improvisés à leur marche

Un vélo violet
Entièrement
Des pneus au cadre
Et qui ne roulera plus
S’il a jamais roulé
Tordu attaché
Au lampadaire tagué
À moins que ce ne soit l’œuvre
D’un artiste
Mais personne pour le regarder
Ni le toucher

L’arche de fer du Métropolitain
A ses deux lampes allumées
Yeux globuleux rouge orangé
Pâles dans la lumière de l’été

A force de marcher dans Paris,
On se rapproche du cœur
Et de 16 h.

De là où nous sommes assis nous voyons
la bouche du métro se remplir se remplir
et jamais se vider.

Combien y a-t-il de types de personnes, finalement ? Une dizaine, peut-être ?
La grand-mère qui boîte, le jeune et
sa copine, ce monsieur qui fume, le couple
de touristes, ne sont-ils pas les mêmes,
les mêmes depuis toujours et en tout lieu ?
Et l’automobiliste blasé, et la jeune femme pressée ?

Et nous, ici, à observer la foule,
ne sommes-nous pas aussi le type parfait
des plumitifs de bistrot ?